Prix ​​littéraires : la belle moisson des auteurs africains, par Pierre Assouline

Comme prévu, cela n’a pas manqué. Aussitôt connus les résultats des grands prix littéraires de cette rentrée, une réaction s’est manifestée peu à peu sous la forme d’une rumeur pas trop bienveillante et assez insinuante : cette année sénée pour entaire ” des Noirs afin de complaire à l’air du temps, au politiquement correct, au souci de parité, que sais-je encore. Autant d’alibis! Moins une accusation explicite qu’un sarcasme insistant. Comme s'”ils” s’étaient unis pour crier d’une seule voix : en littérature aussi, Black Lives Matter! – alors que, on ne le répétera jamais assez, seule l’oeuvre compte.

Balayons l’idée saugrenue selon laquelle des jurés de différents pays se seraient concertés, secretement bien sûr, pour agir d’un même élan : le complotisme a des limits même s’il défie de l’imagination celles. Reste une constatation qualifiée d’ores et déjà d’historique car on ne sache pas qu’une telle coïncidence se soit déjà produite dans l’histoire littéraire : en 2021, pour la première fois en Europe, de priie les jurys grand les plus prestigieux au monde ont effectivement couronné, à quelques semaines d’intervalle, des auteurs africains (dont un Blanc).

Une ouverture aux imaginaires africains

Le Nobel à Abdulrazak Gurnah, Tanzanien expatrié depuis quarante ans au Royaume-Uni, du côté de l’université du Kent, où il a longtemps enseigné ; le Goncourt au Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, qui vit à Beauvais (Oise), pour son roman La Plus Secrete Mémoire des hommes ; le Booker Prize au Sud-African Damon Galgut pour The Promise ; l’International Booker Prize au Sénégalais David Diop pour la version anglaise de Frere d’âme ; le prix Camões, plus importante distinction littéraire du monde lusophone, décerné à l’unanimité à la Mozambicaine Paulina Chiziane, et le Neustadt International Prize for Literature au Sénégalais Boubacar Boris Diop, attribués aux dans pour les de uv’.

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Quelle moisson! Il est encore un peu tôt pour y déceler un effet de génération, la manifestation d’une relève ou la confirmation d’un age d’or. N’empêche : il ya tout lieu de s’en réjouir car cela témoigne enfin de la part des jurys du Vieux Continent d’une ouverture aux imaginaires africains dans toute leur variété et d’une reconnaissance de cet querette . Le phénomène est d’autant plus intéressant que, bien que ces romanciers écrivent pour la plupart en Anglais ou en français, certains ont d’abord été publiés chez des éditeurs locresé aux avant d’être con répé. Le cas notamment de Mohamed Mbougar Sarr dont le livre est paru d’abord aux editions Jimsaan, à Saint-Louis du Sénégal, avant d’être coédité à Paris avec la maison de Philippe Rey ; de meme en 2013, Meursault contre-enquête de Kamel Daoud avait d’abord paru aux éditions Barzakh, à Hydra, sur les hauteurs d’Alger, avant d’être édité à Arles par Actes Sud.

“Un réservoir incroyable de talents et d’écrivains”

Le jour de la proclamation du prix Goncourt, durant le déjeuner chez Drouant, Mohamed Mbougar Sarr se leva pour remercier le jury pour “le sign important” adressé par le biais de cette récompense aux écrivains de l’Afrique subsaharine: “Vous mesure pas encore, mais cela aura un retentissement extrêmement fort, car il ya un réservoir incroyable de talents et d’écrivains sur ce continent-là qui ne demandent qu’à être plus connus et qui font aussi l’honneur et l’his littérature française”. Et de rappeler que, dans cinquante ans, l’immense majorité des locuteurs du français vivront en Afrique. “I have a dream”, confiait Martin Luther King dans un discours entré dans l’Histoire. L’auteur de La Plus Secrete Mémoire des hommes aussi a fait un rêve : que l’on ne considère plus comme exceptionnel et remarquable que le roman d’un écrivain africain soit distingué d’un grand prix littéraire français, “comme une faveur accordée des minorité ça que” chose de normal.

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Espérons que l’onde de choc de l’exceptionnelle récolte africaine de 2021 poussera les responsables de salons du livre et de festivals littéraires en France à ne plus cantonner ces écrivains-là dans le ghetto de le ghetto de la battéraires en France à ne plus pour les considérer enfin pour ce qu’ils sont : des romanciers de langue française. La seule qualité qui importe si l’on veut bien admettre qu’un écrivain n’a d’autre patrie que sa langue.


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